L’idée d’organiser un Forum Social
Camerounais est née en janvier 2005 sous l’inspiration de la FOSCAM-Ouest qui a
projeté un Forum Social Régional (FSR). Ce premier Forum Social Régional a
effectivement eu lieu du 8 au 9 juin 2005 à Bafoussam. Envisager une telle
initiative au niveau national s’est immédiatement imposé tout naturellement. En
quelques semaines l’idée était déjà portée par un nombre croissant d’OSC.
Au départ on a envisagé de viser un
double objectif, à savoir :
a) Un grand
plaidoyer social pour résoudre les problèmes majeurs et transversaux auxquels
le Cameroun est confronté. Les solutions proposées par la société civile
devraient constituer les éléments fondamentaux d’un autre Cameroun qui est
aujourd’hui possible.
b) Organiser les
portes-ouvertes de la société civile constituées d’une grande exposition des
réalisations et du potentiel des OSC camerounaises. Ces portes-ouvertes
devraient permettre aux partenaires des OSC que sont l’Etat, les
parlementaires, le gouvernement, le secteur privé et les partenaires financiers
(bailleurs de fonds) de mieux les connaître pour mieux concevoir avec elles des
convergences et des synergies porteuses de meilleurs lendemains.
Une première mouture du document de
travail préparatoire a été élaborée en adaptant simplement le mémorandum
présenté aux candidats à l’élection présidentielle du 11 octobre 2004, dans le
cadre institutionnel de la Fédération des Organisations de la Société Civile
Camerounaise (FOSCAM). Cette démarche collective, entreprise au nom de
l’ensemble de la société civile camerounaise, avait permis d’identifier un
certain nombre d’aspirations générales que nourrissaient les Camerounais, et
qui constituaient des attentes spécifiques vis-à-vis de la classe politique
nationale.
Il s’agit par exemple, de l’authenticité
de la démocratie camerounaise, de l’économie nationale, de la mise en œuvre effective
de la décentralisation, de l’efficacité de certaines institutions
républicaines, comme le Conseil Economique et Social, de la dynamique
diplomatique camerounaise, etc. Les différentes attentes exprimées par des
responsables d’OSC à la base avaient été synthétisées et regroupées en grands
thèmes. Ces thèmes ont ensuite été présentés sous forme de questions posées aux
candidats à la Présidence de la République. Chaque question était suivie de
quelques explications permettant sa bonne compréhension et une (des) réponse(s)
claire(s) et sans ambiguïté.
Le résultat attendu de cet exercice
était de recueillir les réponses de chaque candidat(e) à toutes les questions,
de les conserver soigneusement et de les ressortir le moment venu pour un suivi
post-électoral.
Malheureusement, très peu de candidats
avaient daigné répondre à ces questions. En conséquence, la société civile
s’est trouvée dans l’obligation morale d’y répondre elle-même et ainsi projeter
sa propre image d’un Cameroun meilleur que celui d’aujourd’hui.
Au cours des premières activités
préparatoires du FSC, il s’est avéré nécessaire de bien clarifier sa place dans
le cadre général du Forum Social Mondial (FSM), qui se représente aujourd’hui
la tête de l’iceberg que constitue la société civile organisée depuis la chute
du mur de Berlin en 1989. Cette dynamique a donc été analysée en 4 points qui
en appellent un 5è : l’émergence de la société civile, les
Contre-Sommets thématiques mondiaux, l’antimondialisme, l’altermondialisme et,
bientôt, le socio-mondialisme.
Avec la chute du mur de Berlin et
l’effondrement du communisme, la société civile mondiale est sortie, de manière
spectaculaire, de l’éteignoir où elle étouffait. Cette émergence s’est signalée
par la création, au début des années 90, d’une multitude d’ONG et
d’associations, à la faveur des lois plus libérales adoptées dans de nombreux
pays, y compris en Afrique.
Tout au long des années 90,
particulièrement à partir du Sommet de Rio en 1992, la société civile
organisée, sous la houlette des ONG, a manifesté et imposé son existence face
aux Etats, en organisant des Contre-Sommets thématiques avec pour mot d’ordre
« We the people » (nous le peuple). Les ONG revendiquaient
essentiellement leur droit d’être écoutées par les Etats qui ne pouvaient plus
tout faire.
On peut dire aujourd’hui que cette
revendication fondamentale a connu un succès historique puisque les OSC sont
désormais associées à la préparation, à la tenue et au suivi des Sommets
thématiques mondiaux. A preuve le Sommet Mondial sur la Société de
l’Information (SMSI) dont la deuxième phase aura lieu en mi-novembre 2005 à Tunis.
Les OSC ont été, jusqu’ici, étroitement associées aux travaux relatifs au SMSI.
Avec l’effondrement du communisme, un
monde unipolaire, caractérisé par un système économique néolibéral, s’est
progressivement imposé. La course au profit a pris le pas sur les besoins
sociaux des individus, des communautés et des peuples. La société civile
mondiale a perçu le néolibéralisme, institutionnalisé par l’Organisation
Mondiale du Commerce (OMC), comme la plus grave menace sur l’ordre mondial en
général et pour les peuples pauvres (du Sud) en particulier. D’où la
transformation des manifestations des Contre-Sommets thématiques en
manifestations anti-mondialistes. Le blocage du Sommet de l’OMC de Seattle aux
USA constitue la victoire référentielle du mouvement anti-mondialiste contre le
néolibéralisme.
Mais les anti-mondialistes se sont avisés qu’il ne suffit
pas de dire « non » à la mondialisation prônée par l’OMC. D’où
l’évolution de l’anti-mondialisme à l’alter-mondialisme.
Le mouvement altermondialiste porte un
message clair qui ne laisse personne indifférent, à savoir qu’Un autre monde
est possible. Alter en latin signifie « autre, différent ». il ne
s’agit donc pas de lutter contre la mondialisation qui installe déjà un village
planétaire, mais contre la doctrine et les pratiques néo-libérales qui tentent
de gouverner ce village aux dépens des pays et peuples pauvres.
Mais les altermondialistes ne disent pas
encore explicitement quel est cet autre monde qui est possible. Il est vrai
que, en s’installant quasi permanemment à Porto Alegre au Brésil pour faire
l’interface avec le Forum Economique Mondial de Davos en Suisse, le mouvement
altermondialiste a créé les conditions favorables soit à sa récupération par
Davos, soit à un dialogue fructueux avec ce dernier.
Une chose est claire : Porto Alegre renvoie aux
différents continents et pays la réponse à la question de savoir quel autre
monde est possible.
L’altermondialisme, étant un contenant
sans contenu bien précis, ne saurait mener une existence durable. Le manque
d’une dimension sociale systématique, comportant des facteurs humains,
éducatifs, environnementaux, sanitaires, démocratiques, etc., apparaît comme la
plus grande reproche faite au néolibéralisme. De là à proposer un
socio-libéralisme comme alternatif au néo-libéralisme il n’y a qu’un pas que
certains intellectuels africains sont déjà entrain de franchir. Un système
économique sociolibéral est régis, entre autres, par des principes répondant
aux besoins des communautés et des secteurs sociaux. Ces principes créent un
cadre général favorable à l’émergence d’une prospérité généralisée dans des
régions pauvres comme l’Afrique.
Le Forum Social Mondial sera organisé dans
un pays africain, le Kenya, en janvier 2007. L’une des raisons de ce
choix a été l’incapacité des OSC africaines à participer massivement aux
rencontres de Porto Alegre et, conséquemment, d’y exprimer elles-mêmes la
vision africaine du futur.
Il convient de reconnaître qu’un Forum
Social Africain (FSA) a déjà été mis sur pied et que des figures référentielles
africaines tant du FSM que du FSA, telles que Mme Aminata Traoré du Mali,
existent déjà et se font entendre.
Il est donc important que, dès à
présent, les OSC africaines proposent des éléments transversaux de la réponse à
la question de savoir qu’elle autre Afrique est possible. Le Projet de
Constitution de l’Afrique-Unie (Etats-Unis d’Afrique) a été proposé en octobre
2004 à la Conférence des Intellectuels Africains et de la Diaspora à Dakar
comme l’un de ces éléments. Il comporte un élément d’intervention démocratique
directe du peuple africain dans les grands dossiers du continent. Cet élément
est connu sous l’appellation de Référendums Panafricains.
Mais il en faut beaucoup d’autres. Il
faut surtout un consensus des OSC sur quelques éléments vraiment porteurs d’une
Afrique unie, paisible et prospère.
L’une des questions importantes
auxquelles nous devons trouver une solution claire et pratique est la
suivante : que doit faire la société civile africaine pour saisir
l’opportunité du FSM de 2007 en Afrique dans le sens du renforcement de sa
capacité à intervenir dans les grands dossiers du continent ?
A l’heure actuelle un élément
fondamental de réponse à cette question consiste à inscrire comme partie
intégrante du FSM-2007, le renforcement des capacités de la société civile
africaine à organiser des référendums panafricains électroniquement. Il
suffirait, pour ce faire, d’inclure dans les droits de participation au
FSM-2007, une contribution automatique au premier référendum panafricain.
Au niveau du Cameroun, Afrique en
Miniature, il est important d’esquisser un contenu consensuel, aussi petit
soit-il, pour un autre Cameroun. A cette fin, le concept d’un Cameroun
prospère a été retenu. Mais il faut en discuter librement et éventuellement
en trouver d’autres.
Il ressort de ce qui précède que la
société civile camerounaise est face au défi d’être dans le peloton de tête des
sociétés civiles nationales qui, en 2007, inscriront l’Afrique, de manière
déterminante, dans la dynamique évolutive du Forum Social Mondial. Les Etats du
Nord nous ont imposé leur ordre du monde. Il ne faut pas que la société civile
du Nord nous impose son nouvel ordre du monde. Nous devons contribuer de
manière significative à la définition de ce nouveau monde possible, en
commençant par un nouveau Cameroun et en passant par une nouvelle Afrique.
A un certain moment de la préparation du
FSC, l’idée de prendre plus de temps en vue d’organiser un très grand forum
social regroupant plus de mille participants a été caressée. Mais, après un
certain nombre de consultations, d’échanges et de discussions, la sagesse a
prévalu. On a opté pour un 1er FSC modeste.
Les informations ramenées de Bamako au début du mois de mai ont été
déterminantes dans cette décision. Il en est ressorti que, si la société civile
camerounaise veut vraiment jouer un rôle de premier plan dans la perspective de
2007, elle doit organiser un forum social national modeste, centré sur un
objectif bien précis et porteur d’une vision nationale, alternative et
éclairante.
C’est ainsi qu’il a été convenu de ne retenir que le premier objectif indiqué
ci-dessus, à savoir un grand plaidoyer social pour un Cameroun prospère. Bien
plus, les réflexions antérieures ayant révélé un déficit de vision futuriste
pour le Cameroun, il est devenu nécessaire d’envisager une forme particulière
de ce document solennel, constitué essentiellement des différentes images d’un
Cameroun prospère que les participants auront pu « dessiner » sous
forme de plaidoyer, de débats et de discussions diverses.
Le concept d’entente a donc semblé assez motivant et exigeant
pour servir de forme du produit final. De plus, c’est un concept assez
structurant qui renforcera nécessairement la cohésion et l’esprit de corps de
la société civile camerounaise. En même temps, il offrira un cadre national
plus propice au partenariat tripartite entre la société civile, l’Etat et le
secteur privé.
La méthode d’élaboration de ce document est très simple et quasi
standard, pour permettre la participation du plus grand nombre de personnes.
Ainsi, chaque thème, transversal ou sectoriel, doit être traité de manière
autonome et en trois parties. La première est un questionnement. Il faut
expliciter la question essentielle qui se pose. Surtout, il faut poser la bonne
question. En deuxième lieu, il faut analyser la situation, c’est-à-dire le
contexte social dans lequel se pose cette question. En fait, c’est le contexte
qui justifie le problème, la question.
Troisièmement, il faut proposer une réponse idéale à la question. C’est là le
plus important. C’est là le point d’entente, c’est-à-dire le consensus proposé
à la société civile camerounaise toute entière.
On peut même dire que l’objectif final de ce premier Forum Social Camerounais
consiste à adopter une série de points d’entente. Il s’agit d’une première
série qui en appelle d’autres. Le nombre importe peu. L’essentiel, c’est la
vision globale et collective d’un Cameroun prospère qui en découle et qui se
consolide progressivement par la suite.
Les participants sont invités à s’inspirer, autant que possible, des données,
analyses et statistiques officielles dont beaucoup sont présentées dans le DSRP
et les stratégies sectorielles des certains ministères. Ceci est indispensable,
d’autant que l’entente recherchée se situe dans la perspective du partenariat
national entre l’Etat, la Société Civile et le Secteur Privé.
Les questions antérieurement posées à la
classe politique camerounaise sont devenues dans le cadre de la préparation et
de la tenue du FSC, les premiers thèmes transversaux du grand plaidoyer social.
Les réponses à ces questions deviennent des images spécifiques d’un Cameroun
prospère. Ce sont des points d’entente ou de consensus de la société civile. A
ces premiers thèmes et images correspondantes, on ajoutera autant
d’autres que les participants en seront inspirés dans le temps imparti. Bref,
ce sont ces points d’entente qui constituent les images d’un Cameroun prospère
que nous nous mobiliserons pour construire au cours des prochaines années.
Mais les premières questions qui se
posent concernent la société civile camerounaise elle-même.
Question :
La société civile camerounaise a-t-elle
les capacité requises pour jouer efficacement son rôle de partenaire de l’Etat
et du Secteur Privé dans la promotion de la prospérité nationale ?.
Analyse de la situation.
Les organisations de la société civile
(OSC) camerounaises ont largement fait preuve de leur efficacité dans leurs
domaines respectifs. Longtemps cloisonnées et dispersées, elles ont réussi, au
cours de ces dernières années, à mieux s’organiser en structures fédératives
sectorielles et nationale (transversalement). Mais ces organisations
fédératives restent fragiles. Ce sont des constructions qui nécessitent
encore d’énormes capacités, notamment humaines et institutionnelles pour
devenir plus efficacement opérationnelles.
Le problème de renforcement des
capacités des OSC Camerounaises se pose avec acuité. Bien qu’une volonté
explicite existe et que des ressources déterminantes aient été orientées vers ce
domaine, la dispersion desdites ressources, couplée d’une bureaucratie
excessive, rendent leur utilisation plus difficile qu’on ne l’aurait imaginé.
Point d’entente :
P.E. 2.1.
a) Afin de pouvoir jouer plus
efficacement son rôle de partenaire de l’Etat du secteur privé et, au-delà, de
la communauté internationale, dans l’œuvre de promotion de la prospérité
nationale, la société civile camerounaise renforcera toujours davantage son
esprit de corps, sa cohésion et son dynamisme en consolidant, entre autres, ses
structures communes, notamment ses organisations faîtières sectorielles et son
organisation faîtière nationale.
b) Les OSC camerounaises oeuvreront
ensemble dans l’approfondissement et la mise en œuvre du plan national de
renforcement de leurs capacités institutionnelles, humaines et opérationnelles
initié en 2003 dans la cadre de la FOSCAM et actuellement en début de
réalisation.
c) Plus particulièrement, une priorité
sera accordée au renforcement des capacités institutionnelles communes des OSC,
notamment à la promotion des Maisons de la Société Civile (MSC) au niveau
national et dans chacun des 58 Départements du pays.
Question
Que propose la société civile au
peuple camerounais comme garantie du maintien de la paix sociale et de la
sécurité ? En d’autres termes, que faut-il faire d’autre pour qu’une
paix permanemment garantie constitue une caractéristique fondamentale d’un
Cameroun prospère ?
Analyse de la situation
- Plusieurs
indicateurs convergents montrent que la protection militaire du pays est
structurellement fragile.
- Le
système national de maintien de l’ordre, de la paix et de la concorde sociale
est incomplet et inadapté.
Points d’entente :
PE. 2.2.
a) La société
civile camerounaise approfondira et mettra plus efficacement en œuvre, en
partenariat avec l’Etat, le projet national de médiation sociale qu’elle a mis
en chantier en juin 2004 ;
b)
Le système de médiation sociale initié au Cameroun sera progressivement étendu
au niveau de l’Afrique Centrale ;
c) Le renforcement
de la protection militaire du territoire camerounais se fera par l’engagement
du Cameroun dans le développement des systèmes de défense commune en Afrique
centrale dans le cadre de la CEEAC et sur l’ensemble de l’Afrique dans le cadre
de l’Union Africaine.
Question
Comment promouvoir une démocratie authentiquement camerounaise, qui
corresponde à la diversité sociologique et culturelle nationale d’une part, et
à la sensibilité politique spécifiquement africaine d’autre part ?
Analyse de la situation
Il est évident que la démocratie est une
série de principes universels que chaque société combine à sa manière pour
répondre à ses spécificités historiques, culturelles, politiques, économiques
et sociales. Ainsi on peut constater que deux vieilles démocraties comme la
France et le Royaume-Uni, pour se doter d’un système démocratique, ont suivi
deux voies quasiment opposées. La France a liquidé sa monarchie alors que le
Royaume-Uni a soigneusement préservé la sienne. On peut aussi constater qu’en
Occident (Europe et Amérique) les systèmes démocratiques varient d’un pays à
l’autre. Par exemple, à la différence des deux pays cités ci-dessus, des pays
européens comme la Suisse et la Belgique, se basant sur leur diversité
sociologique et culturelle, ont développé un modèle démocratique de partage du
pouvoir qui permet aux grandes formations politiques de gouverner ensemble.
Malheureusement, en Afrique, nos leaders
politiques ont importé de l’Occident, des modèles démocratiques, prêt-à-porter,
qui leur ont été imposés et qu’à leur tour ils ont imposé aux populations. Il
s’agit surtout des modèles des anciennes puissances colonisatrices. Ces modèles
recèlent des germes de conflits permanents dans nos sociétés. Ils ne furent
jamais conçus pour nous et ne nous siéent pas.
Points d’entente
P.E. 2.3.
Il est urgent que les Africains en général et les
Camerounais en particulier se donnent des modèles démocratiques conformes à
leur histoire, à leur diversité sociologique et culturelle, à leur propre
sensibilité politique (souvent symbolisée par le concept de la Palabre
Africaine).
Le Cameroun en général et ses élites en particulier doivent s’employer à
élaborer un modèle démocratique authentiquement camerounais et africain. A
cette fin, des Etats Généraux de la Démocratie seront convoqués pour, entre
autres, examiner les différentes propositions faites jusqu’ici, en la matière, afin
d’en retenir des éléments constructifs sur lesquels bâtir notre démocratie.
En tout état de cause, deux propositions spécifiques sont ici
avancées :
a) Le développement d’un modèle de partage proportionnel
du pouvoir exécutif.
b) L’accélération de l’informatisation du processus
électoral pendant les périodes non électorales.
Question :
Que faire pour accélérer l’application intégrale des
lois sur la décentralisation ?
Analyse de la situation
Il aura fallu huit ans, de 1996 à 2004, pour élaborer les lois sur la
décentralisation et les soumettre à l’Assemblée Nationale. Nos députés
eux-mêmes n’ont pas pris d’initiative vigoureuse pour hâter le processus.
Ceux qui sous-estiment les capacités d’adaptation et d’initiative des
Camerounais trouvent que ce long temps n’est pas long ; qu’il est plutôt
pédagogique. D’autres font prévaloir les difficultés économiques auxquelles le
pays est confronté, se trouvant ainsi dans l’impossibilité d’assumer le surplus
des charges administratives induites par la décentralisation. C’est oublier que
la décentralisation est, par essence, génératrice de plus de croissance
économique. C’est une solution majeure à la crise économique structurelle d’un
Etat jacobin comme le Cameroun.
Quelles que soient les raisons de cette lenteur dans la mise en œuvre
générale des dispositions innovantes de la Constitution de 1996, les
Camerounais manifestent une grande fatigue d’attendre. Les lois sur la
décentralisation sont là maintenant. Tout en reconnaissant que cette
décentralisation, en donnant trop de pouvoirs aux représentants de l’Etat
central, est en réalité une déconcentration renforcée, les Camerounais veulent
voir ces lois entrer en vigueur intégralement. Et le plus tôt sera le mieux.
Il est regrettable de constater que la formation d’un gouvernement
pléthorique au lendemain de l’élection présidentielle d’octobre 2004 soit venue
déstabiliser le processus de décentralisation.
Ce qui tend à confirmer l’hypothèse selon laquelle ces lois n’étaient
qu’une manœuvre électorale.
Points d’entente
P.E. 2.4.
a) Afin de mettre un terme au retardement de l’entrée en
vigueur des lois votées par un refus déguisé de sortir les textes
d’application, l’Assemblée Nationale instituera le principe du vote concomitant
des lois et de leurs textes d’application ;
b) Concernant l’application des dispositions
constitutionnelles, indûment retardée d’une part, et celle des lois qui
attendent leurs textes d’application pour entrer en vigueur d’autre part, une
mobilisation populaire sera initiée pour réclamer et obtenir la publication des
textes attendus y afférents.
Question :
Comment résoudre définitivement ce qui est appelé
aujourd’hui ‘Le Problème anglophone’ ?
Analyse de la situation
Pour certains Camerounais, il n’y a pas de problème anglophone. Pour
d’autres, il y a un problème anglophone. Pour tout observateur objectif de la vie
nationale, depuis de très longues années, une fraction significative
d’anglophones exprime diverses revendications relatives à des droits
spécifiques aux provinces anglophones du pays. Le point culminant de ces
revendications est désormais une menace sécessionniste permanemment manifestée
à plein jour.
Une telle menace n’a été observée dans aucune autre partie du Cameroun.
Des débats publics ont été organisés, même dans les média d’Etat, sur le
problème anglophone. Sans résultat probant.
Il convient de reconnaître que la persistance de ce problème ne va pas
dans le sens de la consolidation de l’unité nationale.
Point d’entente
P.E. 2.5.
Afin de consolider toujours davantage l’unité
nationale camerounaise, le problème anglophone fera l’objet d’une médiation
sociale appropriée, dans le cadre du système national de Médiation Sociale en
cours de mise en oeuvre.
Question :
Comment réhabiliter le Conseil Economique et
Social du Cameroun de manière à lui faire jouer son rôle de ‘think tank’
public ?
Analyse de la situation
Il est de notoriété publique au Cameroun que le Conseil Economique
et Social est en veilleuse depuis de longues années. Pourtant, il s’agit d’une
importante institution républicaine, extrêmement utile pour la nation, qui
figure en bonne place dans notre Constitution.
On pourrait décliner ici la longue liste des griefs que les Camerounais
font contre la léthargie de leur Conseil Economique et Social. On peut citer
les sentiments de frustration qu’expriment des responsables d’OSC camerounaises
quand ils voient le rôle que jouent leurs homologues d’autres pays africains
dans leurs Conseils Economiques et Sociaux respectifs.
Puisqu’il n’est plus nécessaire de démontrer que notre Conseil Economique
et Social a besoin d’être réhabilité, il faudrait simplement prendre urgemment
des mesures appropriées pour réhabiliter cette grande institution.
Point d’entente
P.E. 2.6.
La société civile camerounaise
participera activement au processus de réhabilitation du Conseil Economique et
Social et revendiquera, en bon ordre, sa place au sein de cette institution
publique.
Question :
Comment redynamiser la diplomatie camerounaise
de manière, d’une part, à faire jouer à notre pays son rôle naturel de leader
régional en Afrique Centrale et, d’autre part, à lui faire remplir sa mission
de modèle d’intégration en Afrique, et enfin, sa mission de rayonnement
international ?
Analyse de la situation
Très souvent, des médias camerounais expriment la frustration des
citoyens devant la sous-repésentation du Cameroun dans les milieux
internationaux où les Chefs d’Etat et de Gouvernement se retrouvent pour
esquisser les orientations de l’avenir de l’Afrique et du monde.
De nombreux Camerounais qui vivent ou voyagent à l’extérieur se
plaignent de ne pas recevoir de nos représentations diplomatiques toute
l’assistance méritée pour poursuivre leurs divers objectifs légitimes. Beaucoup
d’autres se plaignent du manque de soutien gouvernemental pour accéder aux
postes internationaux pour lesquels ils démontrent des compétences au-dessus du
lot. Par ailleurs, la grande réserve des délégations officielles du Cameroun
dans les débats internationaux sur des sujets politiques, économiques et
sociaux ne rend pas toujours justice à notre pays.
Le Cameroun est fier d’être l’Afrique en miniature, l’Afrique dans
l’Afrique. Il constitue à lui seul plus de la moitié du poids économique de la
CEMAC. Mais son leadership lui est souvent contesté en Afrique Centrale. La
diversité sociologique, culturelle, géographique et écologique du Cameroun est
devenue un élément stabilisateur du pays, qui appelle un modèle d’intégration
exemplaire sur le continent. Dans les années ’80 on a assisté aux esquisses
d’un tel modèle. Mais depuis lors on ne voit plus rien venir. A cause de son
extrême réserve sur les scènes internationales, le Cameroun ne rayonne plus de
l’éclat qui lui est naturel.
Il est donc important d’expliquer aux Camerounais comment impulser
une diplomatie résolument dynamique, particulièrement en ce moment où
l’avènement de l’Union Africaine appelle une synergie d’intégration
continentale sur les plans politique, économique, social et culturel, conduite
par des pays leaders.
Point d’entente
P.E. 2.7.
a)
Il est capital que les autorités
publiques réorientent et redynamisent la diplomatie camerounaise, notamment,
entre autres, en promouvant l’engagement de la nation à l’édification des
Etats-Unis d’Afrique.
b)
Des mesures appropriées doivent aussi
être prises dans toutes nos représentations diplomatiques pour permettre aux
Camerounais vivant (ou voyageant) à l’étranger de s’acquitter de leur devoir
civique en votant lors des différentes échéances électorales.
Question :
Que faire pour sauver le Cameroun du fléau de
l’impunité ?
Analyse de la situation
L’un des grands maux qui minent notre pays s’appelle impunité. Le
Camerounais moyen se sent écrasé, sans recours possible, par les dirigeants,
c’est-à-dire par les détenteurs des parcelles de l’autorité publique. Des
institutions entières sont tribalisées, confisquées par des dirigeants qui se
considèrent comme étant la loi elle-même.
Les usagers des services publics sont régulièrement dépouillés par des
administrateurs qui se savent au-dessus de la loi et donc intouchables. En
réalité, sucer les petites gens pour s’engraisser est devenu un modèle de vie au
Cameroun. A tel point que ces petites gens se résignent à leur triste sort, ce
d’autant que l’exemple vient d’en haut.
La jeunesse qui assiste, ahurie, à cette déconfiture sociale, en vient à
se dire que c’est l’ordre normal des choses. Ceux d’entre eux qui ont encore
une conscience morale, n’ont qu’une idée en tête : fuir, aller ailleurs,
aller n’importe où, pourvu que ce soit hors du Cameroun.
Le Gouvernement a pris un certain nombre de mesures correctives qui
n’ont pas donné les résultats escomptés. D’autres n’ont même pas connu un début
d’application. Par exemple, le fait que les officiels qui doivent déclarer
leurs biens, avant la prise des fonctions et au terme de celles-ci, ne l’ont
pas fait jusqu’ici encourage l’esprit d’impunité.
La société civile, dans un souci de limiter les dégâts, s’efforce de
promouvoir un système de médiation sociale pour régler le plus de différends
possibles à l’amiable, et pour désamorcer des conflits latents nourris par la
corruption et l’impunité. Un projet de baromètre de la gouvernance au Cameroun
est aussi en chantier. Mais le mal est trop profond, le secteur privé étant lui
aussi impliqué. La société civile elle-même ne peut pas prétendre être
entièrement propre.
Que faire pour que nos dirigeants prêchent par l’exemple en commençant
par déclarer leurs biens conformément à la loi ? Que faire pour punir les
coupables impunis ? Que faire pour que la corruption recule dans
l’administration camerounaise ? Que faire pour que les cris de ces
millions de Camerounais sans défense, découragés, résignés soient entendus par
nos dirigeants ?
Points d’entente
P.E. 2.8.
a) Le principe du vote concomitant des lois et de leurs
textes d’application déjà proposé plus haut, s’applique également dans la lutte
contre la corruption et l’impunité. En plus de se mobiliser pour l’application
de ce principe, la société civile camerounaise approfondira et mettra en œuvre
le projet de baromètre national de la gouvernance en cours de développement.
b) Lors des Etats Généraux de la démocratie camerounaise
proposés plus haut, la société civile soumettra au débat une proposition de loi
d’amnistie sociale couvrant les crimes sociaux des 45 premières années
d’indépendance du Cameroun.
L’objectif recherché est de tirer un trait sur un
comportement social généralisé dont nous ne pouvons pas être fiers d’une part,
et de prendre un nouveau départ avec des règles éthiques consensuelles, d’autre
part. Pour ce faire les crimes sociaux commis au cours de cette période et
restés impunis seront énumérés et décrits, un peu sur le modèle
sud-africain de « Vérité et Réconciliation ». Des victimes et des
bourreaux pourront, volontairement, se prêter à cet exercice qui pourra se
faire en dehors des Etats Généraux de la Démocratie.
La loi d’amnistie sociale sera votée et promulguée
pour marquer une sortie solennelle de notre pays de l’ère de la corruption et
de l’impunité généralisées.
Question :
Comment promouvoir la prospérité au Cameroun ?
Analyse de la situation
La vraie lutte contre la pauvreté consiste à promouvoir la prospérité,
c’est-à-dire à aller au-delà du seuil de pauvreté absolue, fixé à un dollar par
jour par personne, pour faire franchir le seuil de la prospérité par la population,
collectivement et individuellement. Ce deuxième seuil est celui après lequel
l’individu, sorti de la zone de pauvreté relative, est capable de vivre et
d’auto-entretenir une vie décente et épanouie.
Comme tous les autres slogans de développement imposés de l’extérieur
sur nos pays africains, particulièrement par les institutions financières
internationales, la lutte contre la pauvreté est un concept particulièrement
négatif. On connaît le seuil de la pauvreté absolue, mais pas celui à partir duquel
une prospérité moyenne devient possible. Par contre, le concept de promotion de
la prospérité est essentiellement positif. Même dans des communautés très
pauvres, on peut facilement identifier des personnes relativement prospères qui
constituent des modèles référentiels pour émuler les pauvres et les amener à
sortir de leur condition.
Points d’entente
P.E. 2.9.
a) Il est
capital de sortir progressivement du modèle de « Document de Stratégie de
Réduction de la Pauvreté » (DSRP) pour élaborer et mettre en œuvre une
Stratégie de Promotion de la Prospérité (SPP).
Le Cameroun dispose des capacités humaines suffisantes pour initier une
telle évolution. Il faut utiliser ces capacités à bon escient, pour conduire le
peuple camerounais vers la prospérité qu’il mérite. La réflexion dans cette
perspective s’inspirera des éléments utilisés par le PNUD pour élaborer
l’Indice de Développement Humain (IDH).
b) Construire l’escalier de la prospérité individuelle est une tâche
urgente qui interpelle la société civile, l’Etat et le secteur privé. Il s’agit
d’une échelle d’indicateurs ou de facteurs de bien-être, basé sur le revenu ou
les conditions essentielles de vie décente. Chaque citoyen pourra, à tout
moment, situer son niveau de vie à une certaine marche de cet escalier. Une
communauté locale pourra également l’utiliser pour mesurer son niveau de
prospérité collective.
Question :
Que faire pour doter le Cameroun d’un système
économique générateur des richesses ?
Analyse de la situation
Un certain nombre de constats sautent
aux yeux aujourd’hui :
- Il
y a belle lurette que les plans nationaux de développement ont disparu ;
- Les
ajustements structurels imposés de l’extérieur se sont soldés par des échecs
qui avaient d’ailleurs été annoncés ;
- Les
privatisations ne s’avèrent pas, en fin de compte, être la panacée escomptée.
Mais faute d’une vision alternative valable, on s’y accroche sans y croire.
- Le
binôme ‘’Dette+Aide Publique au Développement’’, comme facteur du développement
national, a fait long feu, également sans qu’une approche de rechange ne vienne
le remplacer.
- Les
Documents de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) ne constituent pas un
véritable levier pour enclencher la prospérité nationale ;
- L’initiative
PPTE d’une part, et les mesures annoncées à la suite du Point d’Achèvement
d’autre part, ne semblent pas être porteuses d’un décollage économique
national. C’est, apparemment, trop peu et trop tard, notre mal économique étant
plus profond qu’on ne le pense ;
- Le
retour à la croissance, même au-dessus de 5% par an, semble être un mirage, le
panier de la ménagère camerounaise ne l’attestant pas. On assiste sans doute au
phénomène de croissance sans développement déjà attesté sous d’autres
cieux dans les années 1970.
En un mot, le discours économique
officiel n’est pas rassurant pour le Camerounais moyen. Il apparaît tout
simplement comme la reprise d’un refrain entonné par des étrangers d’outre-mer
qui ne nous connaissent que trop superficiellement pour nous être d’une
véritable utilité. L’homme et la femme de la rue au Cameroun vivent un
sentiment de désespoir économique aggravé par l’arrogance des richesses mal
acquises qui ne semblent pas devoir être, un jour, justifiées. De son côté la
jeunesse camerounaise voit ses horizons fermés. En conséquence, interdit de
tout rêve d’un avenir meilleur dans ce grand pays, tout(e) jeune camerounais(e)
cherche, par tous les moyens, à aller se débrouiller sous d’autres cieux.
Une vision d’un autre Cameroun possible
doit être convaincante sur le terrain économique. Depuis 45 ans d’indépendance
politique, nous avons suffisamment tâtonné sur le plan économique pour ne plus
nous permettre des erreurs grossières, pour ne plus trop nous fier aux
étrangers même malgré les contraintes de la mondialisation, pour ne plus nous
méfier les uns les autres. Si l’Afrique, dans sa globalité, est la seule région
du monde qui recule économiquement depuis plus de 40 ans, c’est essentiellement
parce qu’elle n’a pas su compter sur elle-même. Aujourd’hui l’Afrique doit
s’unir pour survivre.
Nos dirigeants ont fait des ressources
nationales un immense gâteau entre leurs seules mains. D’où ce syndrome du
gâteau national qui sous-tend et empoisonne la vie économique et politique. Les
ressources nationales n’appartiennent pas aux dirigeants mais au peuple.
Que faire donc pour non seulement
réduire la pauvreté au Cameroun, mais surtout enclencher une véritable
dynamique de promotion de la prospérité individuelle et collective par une
création soutenu des richesses ?
Points d’entente
P.E. 2.10
a) Il se trouve que
le concept d’économie populaire émerge progressivement. L’Union
Africaine entend y consacrer une réflexion au très haut niveau. Le NEPAD,
malgré ses nombreuses limites, semble incarner la vision d’une politique
économique continentale basée sur les grands travaux transafricains. Par
ailleurs, le concept de sociolibéralisme comme système alliant les
principes de l’économie de marché aux exigences communautaires et des secteurs
sociaux fait aussi son chemin. Ces nouvelles données appellent une réflexion
concertée de l’Etat, de la société civile et du secteur privé.
b) Mettre en œuvre
une politique nationale des grands travaux basés sur les axes routiers
structurants et le développement de nouveaux espaces semi-urbains est un
impératif économique national qui interpelle les 3 groupes d’acteurs ci-dessus
cités.
Question :
Quelle nouvelle stratégie faut-il pour créer des emplois afin de
résorber le chômage au Cameroun ?
Analyse de la situation
Au jour d’aujourd’hui, tous les jeunes
sont unanimes pour dire que l’horizon camerounais est sombre en matière d’insertion
socioprofessionnelle. Il faut donc partir et partir à tous prix. Les parents
sont conscients et participent même au drame. De ce côté, il est clairement dit
que le vrai diplôme n’est pas le Baccalauréat, mais plutôt le ‘’Visa d’entrée’’
dans tel ou tel pays.
Nous sommes tous conscients des efforts
déployés actuellement par l’Union Africaine (UA) au niveau continental, pour
mettre en œuvre une politique commune des grands travaux à forte densité de
main d’œuvre, particulièrement dans le cadre du NEPAD. Un Sommet extraordinaire
de l’UA sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté s’est tenu du 7 au 9
septembre 2004 à Ouagadougou au Burkina Faso. Mais la participation du Cameroun
à ces efforts est restée jusqu’ici assez timide.
Il faut expliquer à la jeunesse de ce
pays comment des emplois seront massivement créés pour eux. Il faut le dire
avec exactitude, les chiffres à l’appui.
Points d’entente
P.E. 2.11
a) Mettre en
œuvre une politique des grands travaux à forte intensité de main d’œuvre sera
l’une des missions cardinales du Conseil Economique et Social réhabilité.
b) Protéger les
entreprises nationales, régionales et panafricaines menacées par la
mondialisation sauvage sera l’une des missions cardinales d’un comité national
du NEPAD, composé des représentants de l’Etat, de la société civile et du
secteur privé.
Les participants au FSC arrêteront,
secteur par secteur, des points d’entente qui constitueront des objectifs
d’action commune. Les OSC sectorielles sont ici interpellées pour mettre leur
expertise à contribution afin que chacun de ces points d’entente sectoriel soit
vraiment pertinent.
Chaque point sera traité conformément à
la méthode standard de questionnement, d’analyse de la situation et de
proposition d’une position consensuelle, c’est-à-dire d’un ou plusieurs points
d’entente de la société civile.
Points d’Entente sous forme de messages du FSC à la
nation
Les points suivants qui avaient été
examinés lors d’une réunion préparatoire peuvent servir de source
d’inspiration. Ces points étaient formulés comme des messages à lancer par le
FSC à toute la nation :
-
Consolidons le partenariat tripartite Etat-Société Civile-Secteur Privé.
-
Construisons l'Escalier national de la
prospérité collective et individuelle.
-
Réformons le Conseil Economique et Social.
-
Gouvernants, Déclarez vos Biens (Constitution.,
Art.66.).
-
Halte à l'Enrichissement Illicite.
-
Partenaires, ne divisez plus la société civile.
-
Gouvernants, Prêchez par l'exemple.
-
Construisons une Démocratie de partage du
pouvoir.
-
Résolvons nos différends à l'amiable.
-
Construisons un système de Médiation Sociale.
-
Société civile, construisons notre
représentation nationale.
-
Informatisons le système électoral en période
non électorale.
-
Instituons les candidatures indépendantes aux
législatives, municipales, sénatoriales et régionales.
-
Instituons un système électoral intégralement
proportionnel.
-
Combattons l'impunité.
-
Appliquons intégralement les lois sur la
décentralisation.
-
Promouvons l'Education Pour Tous.
-
Garantissons Notre Sécurité Alimentaire.
-
Enseignons nos cultures et langues nationales
-
Stop au VIH/SIDA
-
Projetons un Point d'Arrêt de l'Aide Publique
au Développement.
-
Définissons, nous-mêmes, un seuil d'endettement
soutenable.
-
Arrêtons à 1 chiffre le pourcentage budgétaire
du service de la dette
-
Etablissons un Baromètre de la Gouvernance
-
Etc.
Mais ces points étaient retenus comme
des messages à faire passer dans le cadre du FSC. Beaucoup de ces points sont
déjà retenus sous d’autres formes comme des points d’entente transversaux. Il
faut donc se concentrer, dans cette partie, sur des points véritablement sectoriels.
A titre d’exemple, on peut citer ci-dessous, des propositions de points
d’entente spécifiques dans les secteurs indiqués.
- Secteur
de l’Education
. Elaborer une politique sectorielle
couvrant l’éducation formelle et non formelle à tous les niveaux.
. Généraliser l’enseignement des langues
nationales et des cultures populaires associées à ces langues.
- Secteur
de l’environnement
Mettre en œuvre un programme national de
reboisement qui fonctionne comme une véritable entreprise de service public.
- Secteur
des transports routiers
Panafricaniser et régionaliser
définitivement les axes transafricains et régionaux qui traversent le Cameroun
et en tirer les revenus pour bitumer les axes provinciaux, départementaux et, pourquoi
pas, communaux
- Secteur
santé
. Combattre le VIH/SIDA,
particulièrement dans nos villages, en utilisant les langues locales.
. Promouvoir un système national
d’assurance-santé accessible aux Camerounais à faibles revenus.
- Secteur
agricole
Promotion des unités de production
agro-pastorales et forestières.
- Secteur
de la dette
Mettre en œuvre une Initiative
Généralisée de Désendettement pour le Développement (IGDD).
Les points d’entente transversaux et sectoriels donnent des orientations
Les participants au FSC œuvrant dans les différentes OSC implantées dans telle
ou telle des 10 régions du pays se regrouperont pour s’entendre sur des
programmes ou projets phares susceptibles de promouvoir la prospérité dans ces
régions. Ces Chantiers de Promotion de la Prospérité Régionale (CPPR) feront
l’objet d’entente nationale relative à des régions spécifiques.
Il ne s’agit pas ici, pour les représentants régionaux des OSC, de reprendre à
leur compte les idées, programmes et projets transversaux et sectoriels déjà
retenus au niveau national. Il s’agit véritablement des projets locaux dont l’originalité
est avérée. Ces projets ou programmes ne sont pas forcément nouveaux ni
originellement de la société civile. Ils peuvent émaner de l’Etat, des communes
ou du secteur privé et recevoir dans le cadre du FSC l’onction de la société
civile nationale.
Par exemple, l’idée de construire des périphériques à Douala et à Yaoundé
pour rendre la circulation urbaine plus fluide est à la fois ancienne et
spécifique à ces deux grandes métropoles. Les représentants de la société
civile du Littoral et du Centre soutiennent-ils cette idée ? Si oui, la
proposent-ils au FSC comme point d’entente dans le cadre des CPPR ?
Le nombre de CPPR par région import peu. Ce qui importe c’est la capacité d’un
CPPR à émerger comme intérêt public, social, reconnu et poursuivi comme tel.
Mais un CPPR peut aussi s’identifier dans le secteur privé. Là, il s’agit d’une
entreprise susceptible de grandir vite, d’assumer une fonction sociale en
générant beaucoup d’emplois.
Bref, le sens créatif de la société civile locale est ici interpellé.
Question :
Le processus de décentralisation n’offre-t-il pas une opportunité sans
précédente de créer, dans les communes, particulièrement les communes rurales,
des entreprises de taille moyenne, comme de véritables chantiers de prospérité
locale ?
Analyse de la situation.
L’importance de la décentralisation pour
le développement national n’est plus à démontrer. La commune émerge des lois
sur la décentralisation comme le cadre idéal de promotion d’une prospérité
locale par le peuple et pour le peuple, en tenant compte des potentialités
spécifiques de chaque localité. Il se trouve aussi que le gouvernement avait
antérieurement pris certaines mesures telles que la création d’importantes
infrastructures scolaires (CES et Lycées) et sanitaires dans chaque
arrondissement du pays, mesures qui favoriseraient aujourd’hui la création
d’unités de production dans ces localités.
Par ailleurs, à l’observation, on
constate qu’au cours des cinquante dernières années, de véritables centres
communautaires se sont développés dans les zones rurales du pays. Il s’agit
tout simplement de petits points de concentration de facteurs de modernisation
tels que des alimentations, des bars, des dépôts de produits divers qu’on
n’achète généralement qu’en ville, sans oublier les centres ruraux d’état
civil. Ces centres communautaires qui ne disent souvent pas leurs noms sont des
points de départ d’une réflexion systématique visant à créer de moyennes
entreprises, car on y trouve déjà de petites entreprises employant 2 à 5
personnes suivant les cas.
Enfin, il convient de noter qu’une telle
réflexion devrait explorer les possibilités d’utiliser les ressources à générer
par la remise de la dette nationale à la faveur de l’atteinte du point
d’achèvement PPTE pour investir sérieusement dans de telles unités de
production.
Point d’Entente
P.E. 4.2.
La société civile oeuvrera, en
partenariat avec l’Etat, le secteur privé, et plus particulièrement les
communes pour promouvoir des « Moyennes Entreprises dans de
Communes » (M.E.C). Il s’agira d’abord de prendre en compte, dans chaque
commune, les initiatives porteuses déjà existantes et susceptibles de
constituer une entreprise capable d’employer une centaine de personnes en
moyenne. Deux ou trois projets interconnectés peuvent ouvrir une telle
perspective dans une commune donnée.
L’objectif recherché pour chaque projet
sera d’arriver à un plan d’investissement mixte où la collectivité locale aussi
bien que l’Etat central et/ou des particuliers puissent apporter leur concours
et en attendre des dividendes légitimes.
Une mobilisation générale dans ce sens, bénéficiant des
ressources générées par l’atteinte du point d’achèvement PPTE, est susceptible
d’enclencher un nouvel élan national vers une prospérité collective et
individuelle , à partir des potentialités spécifiques des différentes localités
du pays.